Récit de voyage – Kilimandjaro 2019

par | Nov 29, 2019 | Récit de voyage 2

Débuter une histoire n’est jamais très simple. Borner un récit est souvent trop réducteur. Alors comment intégrer une particule dans un tout ?
Je me souviens de ces dimanches pluvieux et tristes à attendre un soupçon d’inspiration sur un sujet qui me séduisait autant qu’un discours de Le Pen. Je me rappelle de ces interminables demi-heures, rivé sur des pages blanches, où je devais accoucher d’une rédaction à rendre le lendemain. Plastivore fanatique, je polissais mes dents sur les extrémités de mes stylos billes que je finissais plus rapidement que mes assiettes de poissons ! Bête de cirque, j’avalais mes stylos à plume chromés pour m’habituer ou tester mon futur piercing lingual !
Mais aujourd’hui, je ne suis pas encore arrivé à destination, que déjà l’exaltation bouscule idées et impressions dans ma tête. Ça bouillonne, ça picote et cette effervescence émotionnelle tyrannise déjà ma plume.
Rien ici n’est inventé, mais il faut toujours trahir la lettre pour rester fidèle à l’esprit.

Pour mon deuxième contact en Afrique de l’est, j’ai choisi une porte d’entrée océanique situé précisément Latitude : 6°09′50″ Sud et Longitude : 39°11′52″ Est pour une altitude par rapport au niveau de la mer de 14 m ! Blotti sous l’équateur, déconcertant carrefour culturel entre Afrique, Asie et Moyen-Orient, j’atterris sur l’île aux épices réfugié telle une feuille morte d’automne.
Rodé par quelques expériences de voyage, je travestie le réel. Sans perdre un instant, je pulvérise les codes imposés. A coup de non merci déshydratant, je gomme les obstacles qui me rapproche d’économies substantielles, parfois ridicules mais toujours gratifiantes et jouissives. Acharné paranoïaque, je trace un azimut dans mon espace, que seul les barbelés arrivent à dévier. Pourquoi se courber pour des lignes droites ? Rebelle opiniâtre, je fini toutefois par arriver à mes fins et à m’offrir des alternatives chronophages mais tellement plus cocasses.

Furtif comme un félin, je me volatilise sans perdre une minute dans les venelles de Stone Town. Je longe les murs involontaires. Invisible comme un mendiant, je m’enivre des sons que je bois. Carnivore comme une ombre, je dévore des couleurs polarisées. Avec les yeux d’un nouveau né découvrant le monde, je viole l’intimité obscur d’un soleil obsédé. Avec comme unique fil d’Ariane mes envies impulsives et égoïstes, j’erre dans le dédale labyrinthique de mon délire instinctif. Dans les ruelles de cette capitale atemporelle, je gave mes sens, nourrie mon avidité et cultive mes champs de dopamine.
Mon regard boulimique scanne un environnement exigu, atrophié. Le jeu d’un enfant, le voile d’une femme sur un mur, ce vendeur à la sauvette, un bouchon tropical, un bus défoncé, un tuk-tuk customisé, un paysan fatigué, ce vieillard ridé, …Autant de scènes qui m’émerveillent !
Encens, effluves gastronomiques, épices, humidité outrancière, sueurs pimentées, douceur de vivre, insouciance stéréotypée, peur catalysée, oranges épluchées, poissons éventrés, calamars séchés, … viennent successivement envouter mes narines pour me dévier de ma quête fictive.
Dans un respect universel, les sons disciplinés susurrent timidement à mes oreilles. Une hiérarchie coercitive à laquelle tout le monde se plie. Les appels à la prière, les klaxons des scooters, les clochettes des bicyclettes, la musique des chauffeurs de bus, les cris des enfants, … même les chats attendent poliment leur tour pour miauler !
Entre curiosité et gentillesse, je perçois de timorés “Jambo” (= bonjour) quasiment couvert par le vacarme des battements d’ailes de papillons absents. On se donne une importance futile, mais juste pour le plaisir aussi éphémère soit-il, on donne naissance à des émotions dont l’espérance de vie ne dépasse pas celle d’une bulle de savon.

N’avez-vous jamais rêvé d’ouvrir la porte d’un grenier juste pour savourer l’odeur si familière de la moisissure d’antan ? Celle qui catalyse tous nos phantasmes d’enfant. D’y pénétrer en marchant secrètement à pas de chat pour éviter de faire ronronner le plancher. De briser les faisceaux lumineux sur lesquels surfe une poussière câline que l’on ressuscite. Dans la pénombre laiteuse de cette lithographie éternelle, reptile en chasse, étendard au vent, j’ondule vers mon but. Le Graal est devant moi ! Une vieille malle où le subtile alliage de cuir et de bois n’a de rival que les ornements en laitons qui la protège.
N’avez-vous jamais espéré déterrer cette lampe à huile cuivrée qui rappelle le lingam de Shiva ? Cette bouteille à la mer flottant à la surface d’un océan de sable plus aride que les yeux d’un guerrier celte, que l’on trouverai naïvement au plus triste de sa vie. N’avez-vous jamais prié pour devenir le plus puissant des magiciens, le plus courageux des aventuriers, le plus forts des superhéros, …

Il y a une quantité folle d’images d’Épinal qui collent à nos espérances de gamins. Des symboles que l’on croit gommé par l’âge. Frontière précaire entre syndrome de Peter PAN et attentes draconiennes de la société, il arrive pourtant qu’un catalyseur prophétique, un stimulus fortuit fassent voler en éclat ces garde-fous qu’on s’impose inutilement. Il est quand même un âge où il faut bien se faire une raison.
Oui-oui est mort et enterré, Martine ne traîne plus insouciante à la mer mais pointe au chômage à cause de l’alcool, Harry POTTER est un imposteur botoxé, Indiana JONES fait ses cascades en déambulateur, …. J’aurais bien choisi Deadpool mais la vue du sang m’indispose. Un cap dans la vie où on se demande vraiment quelle est la différence entre le père Noël et Dieu ?

il y a un rêve d’enfant autour duquel je n’avais jamais osé modeler une once de réalité. Celui d’un paysage légendaire, une carte postale mythique, un cliché unique connu de tous ! Comme la tour Eiffel est lié à Paris, le Machu pichu au Pérou, le Taj Mahal à l’Inde, les Twin Towers à New York, Big Ben à Londres, une poche à une pantalon, la Guinness aux irlandais, la saucisse aux allemands, … ma vieille utopie serait l’emblème de l’Afrique !
Dans une savane jaunie par un soleil abusif parsemée d’acacias tentaculaires paissent insouciamment quelques girafes, des hardes de zèbres et des troupeaux d’éléphants, devant un horizon verrouillé par un géant volcanique pétrifié, coiffé des précieuses et uniques neiges africaines. Vous l’aurez compris, avant que la chanson de Pascal DANEL perde tout son sens, je voulais fouler humblement le toit de l’Afrique.
J’avais fait une croix sur ce projet, mais grâce à olivier un randonneur du printemps dernier, j’ai réveillé le Peter Pan qui sommeille en moi pour ressusciter ce dessein hypothétique. Ainsi, soutenu par ma petite fée Clochette, j’ai élaboré, modifié, bâti cette ascension mythique que j’ai entreprise avec Jean-louis un autre randonneur carousien !
A chacun son Everest ! Le notre sera Africain !

Nants ingonyama bagithi baba, Sithi uhm ingonyama

Nous sommes donc passé par une agence locale afin de monter cette aventure. Une expédition digne des plus mémorables explorations scientifiques du XIX èmé siècle. Une croisade comparable à la quête de Jérusalem au XII ème siècle. Que dis-je, une campagne proche des conquêtes napoléonnienne !
8 jours de trek encadrés par un guide anglophone, un interprête francophone, 6 porteurs trimbalant chacun 20kg maximum, un cuisinier et un serveur. Agrémenté d’une logistique m’apportant un luxe auquel je suis peu habitué. Une tente chambre-séjour, une cuisine portative, deux autres tentes pour la team, des matelas épais version siège de Renault 12, une table toujours couverte d’une nappe vichy, 2 chaises inspirées de fauteuils club, popcorn à tous les apéros où l’on se saoule avec des chocolats chauds, bonbon, esquimaux, chouchou, ….

Pour faire durer le plaisir, nous avons choisi la voie Lemosho qui couvre la partie occidentale du massif et qui se trouve être la plus longue des routes sur les 7 existantes.
Dans une chronologie boulversés, les paysages s’enchainent sans cohérence. Au détour d’un nuage, nous traversons une jungle naïve et inconnue. Reine de Saba ébouriffée, la forêt exhibe une abondance florale plus précieuse qu’un trésor royal. Le soleil caricature et humilie l’alchimiste dorant à l’or fin chaque gouttelette de rosée, tandis que le vent échafaude des chorégrafies extravageantes que les insectes ponctuent. Les oiseaux murmurent, les singes habillent les ombres, les fleurs fannent sous nos yeux et les papillons nous condamnent ! Seuls les lichens éclaboussent de lumière la pénombre des sous-bois pourrissant. Les racines indécises chantent les louanges d’un humus prétentieux.
Sans comparaison de style avec Philippe CANDELERO, nous progressons sur une terre glaise brillante, polie sous nos pas, glissante et moins prévisible qu’un tigre prêt à fondre sur sa proie. Prudemment, le pas désarticulé, nous traversons un univers situé à la croisée des grands classiques de Tim BURTON : Beetlejuice, Sleepy Hollow et l’étrange Noël de monsieur Jack. Puis sans sommation, la forêt s’incline, digère sa défaite, tire sa révérence pour laisser la place à un décor de maquis volcanique. Une végétation d’à peine 2 mètres de haut mais dense et infranchissable, imposant un chemin unique dans un couloir épineux où toute retraite paraît audacieuse ! Une fois sorti sans victoire, de ce labyrinthe unidirectionnel, nous accostons sur l’indélimitable altiplano de Shira.
Radeau perdu flottant sur un océan de cumulus, couvert de basses landes et de fleurs sauvages, ses arêtes fusionnent avec des nuages affamés qui dévorent l’espace vital qu’il réduit comme peau de chagrin. Pour fuir l’agitation et la boulémie des campements qui parodient les couleurs d’Arlequin, nous nous esquivons par un petit canyon. Face à un ciel hésitant mais toujours menaçant, les gorges deviennent notre fil d’Ariane. Perfide, vicieuse, caline ou joueuse, les cumulus mutent, et tentent de nous amadouer avec de félines carresses. Comme un animal en cage, ils s’accrochent sur les crêtes déchirées, prête à bondir sur les deux mulots que nous représentons pour eux. Conquérants frustrés, leur mutation en nimbostratus aboutie, les démons vaporeux finissent par dévorer et déglutir la Terre entière.
Malgré la menace permanente de cette épée d’Amocles au dessus de nos têtes, la pleinitude d’une savane anachronique, un silence hostil et rancunier nous ensorcelent et la lueur nous enkylose. Pétrifiés, engourdis, nous nous encrons sur un rocher. Un bien-être indescriptible m’enveloppe. Mon regard surfe sur les ombres endormies. Le vol des rares oiseaux se calque sur la migration de mes pensées. J’oublie cette frénésie maudite qui me gouverne et prends la Terre à témoin pour demander pardon. La valse endiablée des nuages finit par me faire capituler et stigmatise ma soumission. L’immersion et le voyage intérieur sont compromis, alors s’invente des histoires, seulement des histoires.

Chaque jour, le panorama nous surprend par sa diversité et sa richesse ! Et même si la météo reste très capricieuse, même si elle ne nous est pas favorable, elle transforme pourtant notre environnement en véritable galerie d’Art ! La pluie qui humidifie notre regard, floute ce que nos yeux carressent, et la toile de fond qui nous entoure esquisse les plus grandes oeuvres impressionistes. On devine ici les peintures japonaises qui influencèrent Vincent Van Gogh vers 1887. Les brumes matinales brossent le soleil levant qui évoquent les toiles de Claude MONET au début des années 1870. Et les ciels entre gris clair et gris foncé, s’enroulent autour des pinceaux d’Edouard MANET.
Rebelle puéril, nous bravons l’interdit parental pour sauter à pieds joints dans l’eau qui serpente sous nos semelles. Armée invincible, invulnérable et déterminée, les brumes transpirantes raccourcissent nos journées, mais ressuscite le volcan. Une combinaison physique et chimique complexe, mais favorable, condense et lève d’un sol fraichement baptisé, un voilage corrompu. Les draperies hirsutes, qui divisent l’espace et ouvrent autant de passages sur l’inconnu, s’envolent vers un ciel qui aurait volontiers accepté ces renforts pour grossir ses rangs. Allié inespéré, le vent impose une capitulation anticipée, prosternant de force ces fantômes nébuleux au pied du toit de l’Afrique. Cette valse ouatée reste la seule vie dans cet univers minéral.
Légion de mercenaires, porteurs et randonneurs affrontent à présent les mêmes démons où seul le poids du sac diffère. Des voix sans corps hurlent autour de nous. Imprégnés d’une atmosphère digne du Seigneur des Anneaux, enveloppés d’une ambiance proche de Game of Throne, plongés au cœur des campagnes d’Hannibal lors de sa traversée des Alpes, nous sommes tous animés et stimulés par un seul objectif ! Coûte que coûte, nous devons prendre la Tour de Lave !
Pudique, réservée, indécise, objective parfois lâche, la montagne n’ose pas enlever son voile. Telle une musulmane pieuse, la météo impose une burka éthérée au mont Uhuru. Malgré notre acharnement utopique, se shootant à chaque nuance gris clair nous faisant espérer la fin de cet épisode de la Genèse 7.1-24, le déluge nous cantonne à l’espace des 4 pans de notre tente. La météo nous condamne à tirer parti des heures élastiques qui se profilent à l’infini !
La notion même de temps devient un vrai débat philosophique. Résigné, en disciple exemplaire de Kant, Platon ou Aristote, on exploite l’image de cette éternité fataliste et fugitive. Alors on apprécie simplement que ” Le temps c’est comme un flocon de neige, pendant qu’on se demande ce que l’on va faire avec, il fond !”

La logistiques est théâtralisée, et chacun “met de la vie dans tout ce qu’il fait !” En chantant, en criant, en dansant, en rigolant, repartant, continuant, se protégeant de la pluie, fuyant le vent, esquivant le soleil, sous nos yeux incrédules, l’Arlequin émerge de terre, et grossit irraisonnablement. Peu importe les condition, rien ne semble perturber l’ordre et la logistique établis ! ! La citation suivante prend ici tout son sens : Plutôt que d’attendre que l’orage passe, apprend à danser sous la pluie !

Après 6 jours d’approche, le moment de ce trek tant redouté a fini par pointer le bout de son nez. Même si notre niveau, nous a permis de gagner quasiment 2 heures de sommeil sur certains, le réveil nous sortit du lit à 23h30 ! Bien courte nuit, en perspective des 15 heures de marches qui nous attendent pour ce 7ème jour. Si le créateur se reposa, 1258 mètres de dénivelé positif et 2500 mètres de dénivelé négatif devait occuper notre journée de marche !
Il est une heure du matin quand malgré un blizzard glacial, nous quittons la tente. Les éléments déchainés s’efforcent de nous faire regretter la douce chaleur illusoire de notre habitacle de fortune. Le froid intense mord et martyrise nos corps vulnérables. Vents déstabilisants et jets de projectiles en tout genre tentent de nous intimer l’ordre de ne pas profaner ni de souiller le maître des lieux !
Dans un noir absolu, fécondé par une lune anesthésiée, le ciel momifie le Kilimandjaro. Dans une approche quasi religieuse, un chapelet incandescent de lampe zèbre la pente verticale d’un sommet invisible. Dans cette ascension finale vers le toit de l’Afrique (5895m) la fatigue, l’altitude, l’inclinaison de la pente, l’instabilité du sol, la neige fraiche, la glace, la surfréquentation, rendent la tâche compliquée. Et comme si ça ne suffisait pas, nous essuyons une tempête de neige si violente qu’elle stabilise les températures vers les -20°C.
Tout au long de cette interminable et pénible ascension, les visages sont blafards voire cadavériques, les regards vides et maladifs, les mouvements ralentis et éprouvants, le souffle court et destructeur. Les randonneurs effectuent leur chemin de croix et transforme cette procession en véritable enfer. Je ne croise que des êtres insubstantiels, des âmes damnées, des esprits coincés entre le monde des vivants et celui des morts, des anges déchus égarés entre l’enfer et le paradis. On se demande si la peine endurée en vaut la chandelle. Peu de trekkeur semble retirer un quelconque plaisir de cette aventure.
Nous cheminons dans un cimetière de lave où s’affolent les esprits minéraux. L’humidité nébuleuse, le vent et le froid colle, s’agglutine inlassablement, s’entasse sur nous. Jusque sur nos cils, la glace s’agglomère ! La transe qui nous lobotomise, annihile la frontière entre fatigue et engourdissement sibérien.
Pèlerin aveugle guidé par sa foi, pénitent esclave des chorégraphies imposées par un sol glacé, moine tibétain exilé traversant les cols himalayens pour fuir l’oppression chinoise ou simplement pauvre fou masochiste illuminé un soir de pleine lune, je ne saurais expliquer ce qui me permet encore d’avancer ? L’ascension prend de sérieux airs d’expéditions. Au premier acte, l’air était glacial, puis il est devenu successivement sibérien, arctique pour finir à présent polaire ! Nous ne sommes que sur le toit de l’Afrique mais l’ambiance me transporte sur le toit du monde !

Ici on pourrait avouer que quand il y a de la peine il n’y a plus de plaisir ! Égoïstement, je jouis pourtant de chaque seconde, me réjouis de chaque pas et accepte toutes les humiliations et toutes les formes de l’eau qui choisit mon corps pour voyager en clandestin. Le Kilimandjaro qui collabore avec Médusa, me pétrifie impassiblement. Chaussures, pantalon, veste, bonnet, gants, capuches, sac à dos, bâtons de marches, nez, cils, bouche,… il n’y a plus un cm² de mon corps qui n’est pas anesthésié, comme paralysé. Les lèvres figées, les mots ne sortent plus et les appels au secours meurent dans l’œuf. Les onomatopées deviennent un langage universel. On se croirait revenu chez Chewbacca.

Enfin, après 5 heures de calvaire, les nuages filtrent une aurore confuse. Malgré la richesse de notre vocabulaire , les mots pour décrire un tel moment n’existe pas encore ! Seul à 5895 mètres d’altitude, je découvre le monde de Narnia ! En solitaire sauvage, j’erre dans un nuancier pastel pris en étau du gris au fuchsia. Le temps suspend son vol, et mon Alzheimer climatique me reprend de nouveau. A la vitesse d’une flèche tirée par Arjuna dans le Mahâbhârata, je file au sommet. Je tire un trait sur leur histoire et fige l’image.
Sans personne au point culminant du continent africain, je tue mon rêve. Sous une burqa nébuleuse privé d’un soleil athée, je laisse mes émotions me contrôler. Mes mains caresse le braille minérale du sommet et humblement offre à ce géant agenouillé un modeste cadeau confectionné hâtivement la veille.
Rejoins par Jean-Louis, Dastan et Livin, nous savourons ensemble cet effort figé sur une photo.

Rafiki